6) OU ES-TU FREDDY ?
La fatigue commence à se faire sentir ! Cela fait maintenant plus de 7 heures que ma femme et moi, nous nous relayons pour conduire. Partis de Deauville, les villes ont défilé à bon rythme : Alençon et son point de dentelle, Le Mans et le circuit des 24 heures, Tours et les châteaux de la Loire à proximité puis Limoges et ses célèbres porcelaines. Nous sommes à quelques encablures de Montauban. Juste avant de partir, j'ai réussi à dégoter sur le net l'adresse professionnelle de Freddy Koella, le guitariste de Francis Cabrel. Enfin guitariste est une version un peu simplifiée, car sur scène, il joue également du violon, de la mandoline et même de la pedal steel guitar ! Après être sorti de l'autoroute à Caussade, la capitale française du chapeau (Freddy en porte souvent lors des concerts), nous voici en direction d'un charmant village des gorges de l'Aveyron, dont je tairai le nom afin de préserver la tranquillité de l'artiste. Je ne connais que le nom de la rue dans laquelle il habite, et une vague idée de la localisation de sa résidence mais j'ai la ferme intention d'entrer en contact avec lui et lui demander si je peux partager quelques notes et accords avec lui. Dépité par la non réponse à ma lettre adressée à Francis Cabrel, je me suis donc dit que si je ne pouvais pas entrer en contact avec Dieu, je pourrais peut-être m'adresser à l'un de ses saints ? Pour l'instant, c'est raté : l'emplacement censé abriter la maison de Freddy Koella correspond à un centre de loisir, et les personnes questionnées sont totalement surprises d'apprendre que le guitariste de Cabrel est un de leurs voisins ! De fil en aiguille, je finis même sur le marché où les camelots s'interpellent et se creusent la tête pour me satisfaire mais toujours rien... De guerre lasse, je tente une dernière stratégie consistant à remonter patiemment la rue et zieuter les noms sur les boites aux lettres. J'ai failli la rater mais au bout de 2 minutes, bingo ! Une toute petite étiquette marquée F.Koella est apposée sur la porte d'un garage. Je frappe, j'appelle, je cogne doucement à la petite fenêtre mais rien n'y fait : pas de réponse... En désespoir de cause, je fini par sonner chez la voisine, une sympathique anglaise qui m'apprend que '' le monsieur d'à côté n'est pas venu depuis plusieurs semaines''. Tant pis ! Je laisse alors dans sa boite aux lettres un message griffonné à la hâte et du même topo que celui que j'avais adressé à F.Cabrel, en lui indiquant de plus que je reste quelques jours sur Toulouse et que je referai avec grand plaisir la route en sens inverse s'il concède à me recevoir. Cela peut paraître un peu fou et/ou culotté de procéder de la sorte mais qui ne tente rien n'a rien ! Dans les années 1980, Jean-Pierre et Paul Billant, les organisateurs du festival breton Elixir ancêtre des Vieilles Charrues n'ont pas hésité et on procédé de la même façon ! Ils souhaitaient faire venir une grosse pointure de la chanson britannique, en l'occurrence à l'époque le célèbre Murray Head, à l'un de leurs rassemblement. Lassés de ne pas avoir de réponse de la part de l'artiste après avoir contacté son manager, ils sont purement et simplement allés sonner chez lui à Londres. Et 15 mn après lui avoir exposé leur projet, Murray leur annonçait dur comme fer sa future venue en pays brestois ! Je n'ai pas eu cette chance aujourd'hui mais ce n'est pas bien grave : je vais continuer de m'accrocher et reviendrai peut-être un jour voir si Freddy est chez lui. Ou bien j'essaierai d'entrer en contact avec un autre musicien de Cabrel, comme son pianiste et accordéoniste Alexandre Léauthaud, ou bien l'une des choristes surnommées les Jolies Filles qui chantent : Julia Sarr, Himiko Paganotti ou bien Olysa Zamati.
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