7) BALADE ET BALLADE A ASTAFFORT
Il est environ 6 heures du matin lorsque mon téléphone portable entonne sa sonnerie de réveil. Ce matin, j'ai un créneau de libre et dispose de quelques heures pour effectuer une jolie petite balade musicale qui va m'emmener de Bragayrac jusqu'à Astaffort. Pourquoi Astaffort ? Tout simplement parce que c'est le village où Francis Cabrel a grandi, et où il continue de résider en toute quiétude. C'est une commune rurale d'environ 2000 habitants située dans le Lot-et-Garonne, à environ 10 km au sud d'Agen. Traversée par le Gers, elle voit s'y dérouler chaque année les Rencontres d'Astaffort, qui voient de jeunes artistes en devenir travailler dans différents ateliers. Comme l'écriture des paroles d'une chanson, le choix de la musique qui va avec, l'art de la prestation scénique, etc, le tout sous le parrainage de Mr Cabrel himself ou bien d'un grand de la chanson française comme Alain Souchon, Michel Jonasz, Julien Doré,..., ou encore Vianney. En près de 30 années d'existence, ce sont plus de 2500 chansons qui y ont vu le jour, avec forcément quelques perles ! La route qui m'emmène de Bragayrac jusqu'à cette charmante localité commence par serpenter à travers les délicieuses collines du Gers, avec une sacré belle vue sur les Pyrénées en arrière-plan. Francis Cabrel s'y était d'ailleurs rendu de fort bon matin et par une température bien frisquette pour y tourner en bras de chemise le clip de Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai. Sur la banquette arrière de la voiture se trouve ma guitare : j'ai bien l'intention moi aussi de m'arrêter de temps à à autres pour me dégourdir les doigts au hasard du chemin, et ceci bien avant qu'un cagnard du diable ne fasse son apparition ! Sur la route,viennent ensuite Samatan, connue son marché au gras, puis Auch, capitale historique de la province de Gascogne et réputée pour sa gastronomie. Quelques kilomètres plus au nord, et sous un soleil qui commence à largement pointer le bout de son nez, voici la ville de Lectoure, flanquée de ses dix bâtiments protégés au titre des monuments historiques. Située dans le Lomagne, cette région est surnommée '' la Toscane française''. Pas étonnant que les arrières grand-parents italiens de Cabrel en provenance du Frioul se soient installés dans le coin à Astaffort ! En parlant d'Astaffort, me voici enfin arrivé. Il est 8 heures du matin, et la place du village duquel Francis Cabrel fut conseiller municipal de 1989 à 2004 dort encore. Je me gare discrètement devant l'épicier qui prépare sa devanture puis fait quelques pas autour de la halle au blé, dont le chanteur a financé la rénovation pour la transformer en une petite salle de spectacle. Un peu plus loin, je découvre le Square, un restaurant géré par l'une de ses filles, Aurélie, et pour laquelle il a composé le célèbre tube Sarbacane. Des affiches collées ça et là indiquent la tenue prochaine du festival Asta'folk du 11 au 14 août. Il est temps pour moi de dégainer ma 6-cordes et me dégourdir les doigts tout en douceur et en arpèges pour ne pas réveiller la moitié du village ! Assis sur un banc jouxtant la halle, j'enchaîne tranquillement Le chêne-liège, C'est écrit, L'ombre au tableau et Rosie sous les yeux ébahis d'une personne âgée faisant sa promenade matinale. Et après un brin de causette en sa compagnie, je remonte dans mon véhicule pour m'engager sur la route de Miradoux. C'est là que se situe le domaine du Boiron, exploitation viticole mais surtout lieu de résidence de Francis Cabrel. C'est là qu'il a installé son Studio Ephémère, et de là que son sortis quelques albums renommés tels que In extremis ou encore Les beaux dégâts. Et côté vins, l'artiste a confié à son frère Philippe les rênes de l'exploitation. Là aussi, je sors ma guitare à proximité des vignes pour y faire résonner les mélodies de l'enfant du pays brulhois qui se réveille tout en douceur... Il temps maintenant de prendre le chemin du retour car par ces temps de canicule, la brûlure du soleil commence à se faire sentir. Revenu à Samatan, je me remémore la journée de la veille au cours de laquelle j'ai fait du tourisme en famille, visitant en particulier l'église de Rieumes. Celle-ci est ouverte à tous, et une envie irrésistible me prends d'y aller faire résonner ma 6-cordes. Après quelques notes et accords, il est indéniable que cet endroit est absolument prodigieux pour l'acoustique : j'ai la sensation que des amplis haut de gamme tapissent les murs mais aussi le sol et le plafond ! Le volume dégagé est vraiment impressionnant, tout comme la clarté du son : je n'entends que la pureté des notes, et tous les bruits parasites comme par exemple le crissement des ongles sur les cordes se sont évaporés comme par magie ! Depuis ce jour, et c'est une grande nouveauté pour moi, je fréquente systématiquement les églises, basiliques et autres cathédrales lorsque je séjourne dans une région. L'accueil y est généralement chaleureux, que ce soit de la part des visiteurs ou des responsables, qui me laissent jouer de la guitare bien que très surpris ! J'évite les morceaux à la lourde rythmique genre Let there be rock d'AC DC (!), et me contente la plupart du temps de mélodies cabréliennes, que je déroule en arpèges et sans capodastre pour une résonance encore plus chaude. Je reviendrai donc un jour à Rieumes mais aussi bien sûr à Astaffort !
Commentaires
Enregistrer un commentaire